Ce blog est celui de l'émission radiophonique Culture Prohibée. Produite et animée par les équipes des Films de la Gorgone et de Radio Graf'Hit, Culture Prohibée vous invite, chaque semaine, à découvrir divers aspects de la contre-culture à travers des émis-sions thématiques (le mouvement beatnik, le polar, la presse cinéma, le rock alternatif, le giallo, etc.) et des rencontres passion-nantes (interviews de Dario Argento, Bertrand Tavernier, Philippe Nahon, Costa-Gavras, etc.). Culture Prohibée est une émission hebdomadaire d'une heure diffusée le mardi à 17H sur les ondes de Radio Graf'Hit (rediffusions le samedi à 10H et le dimanche à 23H), une radio compiègnoise (Oise) du Réseau Ferarock. L'émission est également diffusée sur d'autres antennes : Radio Active 100 FM à Toulon, Radio Ballade à Espéraza, Radio Béton à Tours, Clin D'Oeil FM à Sophia-Antipolis, C'rock Radio à Vienne, Radio Valois Multien à Crépy en Valois et Radio Panik à Bruxelles.
Ce blog constitue un complément à l'émission en vous proposant des interviews inédites, des prolongements aux sujets traités à l'antenne ainsi qu'un retour détaillé sur les sorties DVD et bouquins que nous abordons "radiophoniquement". Autre particularités du blog, vous fournir le sommaire détaillée ainsi que la playlist de chaque émission. Pour plus d'infos, vous pouvez vous connecter sur le FB de l'émission en cliquant ici.
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jeudi 29 septembre 2011

Hantik Films parie sur l'as de pique


Depuis le début de cette année 2011 sévit un nouvel éditeur de DVD nommé Hantik Films, il met à la disposition des cinéphiles un catalogue de pépites sur pellicules pour la plupart inédites (y compris en VHS). Ces long-métrages policiers s'inscrivent dans une tradition de cinéma populaire propre aux productions US de l'entre-deux guerres, carrées, drôles et très rythmées, en un mot : efficaces.


La collection "The Scare-Ific" débute avec Black Dragons (1942), un film de William Nigh (qui venait de diriger plusieurs films de la série des M. Wong avec Boris Karloff dans le rôle-titre) qui est le seul film d'espionnage auquel a participé Bela Lugosi. M. Colomb s'avère également être l'un des rares personnages positifs qu'il interpréta puisqu'il s'attaque à des espions japonais et n'est pas loin de ravir le cœur de la belle Joan Barclay sous le nez du héros, Clayton Moore, futur interprète du Lone Ranger dans la série télévisée éponyme.


Véritable découverte, cette petite perle bien Bis peut s'ennorgueillir d'offrir aux spectateurs quelques scènes parmi les plus délirantes de l'époque. Telle celle qui voit un Bela Lugosi barbu tchatcher en anglais (le tout agrémenté de son légendaire accent roumain) avec des japonais qui font le salut nazi, il ne manque à cette bobine qu'un golem communiste pour que tous les ennemis du "monde libre" y soient présents. Le scénar' retors offre un dernier quart d'heure d'anthologie aux cinéphiles déviants, Black Dragons s'impose définitivement comme une très bonne surprise.


The Death Kiss (1932), seconde livraison d'Hantik Films, recrée l'atmosphère d'un studio de cinéma des années 30 dans lequel se déroule une série de meurtres mystérieux. Pour sa première œuvre, le réalisateur Edwin L. Marin a disposé des trois acteurs principaux du Dracula que Tod Browning réalisait l'année précédente. David Manners, soupirant de Marcia Lane et enquêteur amateur jouait Jonathan Harker. Edward Van Sloan, réalisateur peu aimable de The Death Kiss interprétait Van Helsing et Bela Lugosi, ici dans un second rôle, incarnait l'inoubliable Dracula.


En dehors de quelques plans ingénieux (tel celui qui voit la caméra fixée à l'intérieur d'un projecteur), The Death Kiss s'avère être un whodunit classique. L'intérêt de cette pelloche se situe plutôt dans son traitement très humoristique. A l'image de cette scène d'introduction qui voit un réalisateur reprocher à son acteur de mal faire le mort lors d'une scène de crime, sauf que... le protagoniste est vraiment mort! Tout le film est constitué de chausses-trappes jusqu'à un ultime quiproquo qui voit le héros enlacer la belle Adrienne Ames, le veinard.


Troisième DVD édité par Hantik Films, Tomorrow At Seven (1933) s'avère être une très bonne série B. Ce film de Ray Enright se déroule dans un vieux et sombre manoir qui voit ses occupants menacés par un mystérieux assassin. Ce dernier remet subrepticement à ses futures victimes une carte à jouer annonçant l'heure exacte de leur mort. Mais L'as de pique sera démasqué par le beau et ténébreux Chester Morris, spécialiste des rôles virils et romantiques. Le personnage de L'as de Pique aurait inspiré à Bob Kane celui du Joker, l'un des adversaires les plus célèbres de Batman.


Tomorrow At Seven s'avère surtout extrêmement bien réalisé (il suffit de voir le prologue durant lequel le couple de héros se rencontre dans un train pour saisir le talent du metteur en scène) et dialogué. Le script signé Ralph Spence aligne les morceaux de bravoure, les rebondissements innatendus et un humour dévastateur. Le duo comique formé par Frank McHugh et Allen Jenkins est très efficace (mention spéciale aux traducteurs qui ont effectué les sous-titres), ces deux policiers semblent être les cousins germains des fameux Dupond/Dupont. En bref, un petit moment de bonheur qui ravira tous les amateurs de cinéma populaire.


Il est également important de signaler que les amis d'Hantik Films garnissent leurs DVD de bonus. A savoir un livret signé de l'illustre Jean-Pierre Putters et deux épisodes d'Undersea Kingdom (1936) par titre, un serial Republic Pictures trépidant avec l'inénarrable Ray "Crash" Corrigan (pourquoi "Crash" ?Car cette série est une réponse au Flash Gordon de la Universal avec Buster Crabbe). Tous ces DVD sont disponibles à la vente sur le site des Films de la Gorgone.
Hanzo

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