Ce blog est celui de l'émission radiophonique Culture Prohibée. Produite et animée par les équipes des Films de la Gorgone et de Radio Graf'Hit, elle vous invite, chaque semaine, à découvrir divers aspects de la contre-culture à travers des émissions thématiques (le mouvement beatnik, le polar, la presse cinéma, le rock alternatif, le giallo, etc.) et des rencontres passion-nantes (interviews de Dario Argento, Bertrand Tavernier, Philippe Nahon, Costa-Gavras, etc.). Culture Prohibée est une émission hebdomadaire d'une heure diffusée le mardi à 17H sur les ondes de Radio Graf'Hit (rediffusions le samedi à 10H et le dimanche à 23H). L'émission est également diffusée sur d'autres antennes : Radio Active 100 FM à Toulon, Radio Ballade à Espéraza, Booster FM à Toulouse, C'rock Radio à Vienne, Radio Valois Multien à Crépy en Valois , Résonance à Bourges et Radio Panik à Bruxelles.
Ce blog constitue un complément à l'émission en vous proposant des interviews inédites, des prolongements aux sujets traités à l'antenne ainsi qu'un retour détaillé sur les sorties DVD et bouquins que nous abordons "radiophoniquement". Autre particularités du blog, vous fournir le sommaire détaillée ainsi que la playlist de chaque émission. Pour plus d'infos, vous pouvez vous connecter sur le FB de l'émission en cliquant ici.
Vous pouvez écouter et télécharger l'émission sur le site des Films De La Gorgone.
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dimanche 9 août 2015

Les lectures de Boris : La machine à différences


Ecrit par Bruce Sterling & William Gibson
Réédité en 2010 dans la collection Ailleurs et demain (Robert Laffont)
ISBN 0-553-07028-2
Ça m'apprendra à m'avancer ! Je vous avais annoncé la lecture de ce livre, je dois donc vous en parler. À regrets, soyons francs. En écrivant sur Mona Lisa s'éclate j'avais soupiré vis-à-vis du steampunk, considérant que c'est un style avant tout graphique, esthétisant. Et bien là, concernant La machine à différences, Sterling et Gibson plongent dans le genre jusqu'au cou et nous entraînent dans leur noyade ! La machine à différences est une uchronie (puisqu'il y a beaucoup de références à un passé qui est réel) qui se situe après les « Grandes émeutes ». Pas très clair cette histoire « Grandes émeutes », elles servent de référence dans une temporalité difficilement compréhensible. Elles semblent être la raison de l'évolution de la société décrite dans l'ouvrage.Mais jamais la paire d'auteurs ne nous expliquera le pourquoi de ces émeutes. En bref, lecteur, c'est à cause d'elles, tiens-toi le pour dit : Un peu léger !


Les personnages ne sont pas inintéressants, mais il y en a peu. Curieusement Gibson a beaucoup plus de personnages quand il écrit seul qu'à deux. Je ne mets pas en doute leur bonne volonté, mais ça commence quand même à sentir le prétexte pour se retrouver entre vieux copains-je rappelle que Sterling (cf. photo ci-dessous) avait publié les premières nouvelles de Gibson dans les années 80. Les personnages sont presque tous chercheurs, ou au moins intellectuels, travaillant dans un système scientifique relevant de l’anthropomorphisme. Ils se livrent aux joutes verbales de leur époque avec des arguments de leur époque. Les dites-argumentations ne sont pas intéressantes, mal écrites, les arguments sont pauvres et tristes et les conclusions emplies de bonne moralité. C'est très lourd. Les auteurs, puisqu'ils ont choisi le steampunk, tentent tout de même le coup des ordinateurs mécaniques qui fonctionnent avec des cartes perforées, l’occasion d’un trafic de cartes dont aussi bien l'intrigue que le dénouement m'ont échappé... Le livre se divise en six parties aux titres plus ou moins mystiques. Même si l'on retrouve des personnages d'une partie à l'autre, le lien m'est apparu plutôt fumeux.


Bon, vous avez compris : Je n'ai pas aimé, mais alors pas du tout. Je me suis forcé à aller jusqu'au moment où je comprendrai le titre. Autrement dit j'ai fini le livre sans atteindre mon objectif. Ça m'a tout de même permis d'entrevoir une tentative de rapprochement d'une théorie scientifique moderne que je n'ai malheureusement pas réussi à identifier... Ailleurs et Demain est une collection dirigée par Gérard Klein, qui nous a donné beaucoup de bonnes choses pendant de nombreuses années. Néanmoins, force est d'admettre que cela fait quelques bouquins où je ne m'y retrouve plus (idem avec Jean-Pierre Andrevon). Afin que nous ne nous quittions pas sur du négatif, deux très bons points dans cet ouvrage. Tout d’abord, les descriptions de Londres, avec fog, smog et étripailleurs de toutes sortes, sont délicieuses quoiqu'un peu courtes. On en mangerait volontiers plus (et puis ça éviterait d'essayer de suivre l'intrigue). Ensuite, il faut tirer un grand coup de chapeau à Bernard Sigaud, le traducteur, qui nous livre un français d'époque très agréable, aux expressions ressorties des tombes et à l'imagination toute consacrée à l'adaptation du texte. Vraiment très chouette. Je ne sais pas ce que sera ma prochaine lecture, je n'ai pas ma pile de bouquins sous le bras, mais le cas échéant je trouverai une traduction de Bernard Sigaud, je n'aurai pas tout perdu.

Boris

dimanche 2 août 2015

Les lectures de Boris : Mona Lisa s'éclate


Ecrit par William Gibson
Première édition française en 1990 chez J'ai lu (n°2735)
ISBN 2-277-22735-8

Vous aimez le cyber-punk ? En voici le pape, pas moins. Succès international avec son premier roman Nécromancien (Avec il a gagné le Nébula, le Hugo et le Memorial Philip K. Dick), Mona Lisa s'éclate est son troisième, qui finit également la trilogie dite Sprawl Trilogy (vautrée, affalée...). Gibson aime beaucoup les trilogies puisqu'il enchaina The Bridge Trilogy, que je n'ai pas réussi à finir... Néanmoins, les histoires étant indépendantes les unes des autres on peut attaquer par n'importe lequel (sauf par Nécromancien). Le résumé de Mona Lisa s’éclate ? Des industries extrêmement riches, des pauvres extrêmement débrouillards, un super cerveau bioélectronique pour lequel les riches vont avoir besoin de pauvres, et hop, c'est parti !


Dans Mona Lisa s'éclate Gibson pousse le côté punk jusque dans la narration. Il y a pléthore de personnages, d'ambiances, de rythmes en fonction des situations, un déferlement de marques industrielles futuristes, un argot tout aussi futuriste, et des personnages tellement imbriqués qu'une personnalité multiple est même envisageable. Honnêtement, ça ne facilite pas la compréhension, mais l'effort d'imagination que nécessite la dite-compréhension est pour le moins intense et donc enrichissant, c'est déjà un bon point. Et si comme moi vous aimez imaginer la suite de l'histoire au fur et à mesure que vous la lisez vous risquez de perdre un peu pied. En somme, Mona Lisa s'éclate est plus punk-cyber que cyber-punk. Malgré tout, les éléments se mettent petit à petit en place et l'histoire prend tout son sens en même temps qu’elle prend forme.


Il faut reconnaître à Gibson un sacré talent descriptif. En peu de lignes il réussit à poser un décor criant de vérité-sur lequel on arrête assez vite de coller le noir obscur et le rouge velours du steam-punk que l'on pourrait subodorer au début. Sa description d'un individu branché de partout sur un lit médicalisé qui pénètre un semblant de décharge vaut vraiment le détour. Ce n'est pas compliqué: j'y étais. La galerie de personnages est intéressante, à croire qu'il existe un univers physique par protagoniste. Enfin bon, bref, ce n'est pas facile à lire. C'est très imaginatif. C'est rémunérateur si on le travaille jusqu'au bout. C'est très cyber-punk. C'est un sacré bordel et c'est sacrément plaisant. Mon prochain Gibson sera La machine à différences, coécrit avec Bruce Sterling qui lui a mis le pied à l'étrier en publiant ses premières nouvelles.

Boris